Depuis, les choses ont bien changé, et le cinquantième anniversaire de la mort de Walser, qu’il s’agit de célébrer cette année, est l’heure d’un bilan : Walser s’est fait sa place dans le monde littéraire et dans sa ville natale, au sens propre et au figuré. Car une « Place Robert Walser », située derrière la gare de Bienne, mais ouverte côté lac, vers l’ouest, semble vouloir accueillir cet auteur comme s’il provenait principalement de France et de Suisse romande. Un nombre important de traductions et de publications les accompagnant a rendu accessible une grande partie de l’œuvre aux lecteurs français : tous les romans sont ainsi traduits, y compris le très étonnant Brigand. Presque tous les recueils de proses que Walser a composés de son vivant ont paru. Même les mystérieux Microgrammes, ces esquisses en écriture miniature qui contiennent pratiquement l’ensemble de l’œuvre de Walser à partir de 1925, ont été présentés et partiellement traduits. Walser a également fait de nombreuses entrées en scène, en Suisse romande et en France, comme auteur dramatique ou dramatisé. Seuls ses poèmes et ses lettres demeurent encore peu connus.
Quelles sont les raisons de cette ascension sans précédent d’un auteur qui avait pratiquement disparu bien avant sa mort solitaire en 1956 ? – Là encore, Walser garde pour lui une grande partie de son secret. Certes, le mystère qui entoure sa vie a su séduire, et la proximité du génie de la folie
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